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97 • nautilus

Depuis novembre dernier, la revue a trente ans. Trente ans... Comment souligner un anniversaire aussi important pour une revue de création? Comment remercier les lecteurs ainsi que les artistes et les auteurs - plus de mille ont été publiés jusqu'à maintenant dans ses pages - qui lui donnent vie? Une chose était sûre, j'avais envie de leur offrir quelque chose de particulier, quelque chose qui viendrait directement du cœur.

Depuis deux ans, un projet me trottait dans la tête. Je souhaitais inviter des auteurs à poser leur oreille contre un nautile - un cousin en quelque sorte de l'hippocampe, l'emblème du Sabord - pour découvrir ses secrets. J'étais curieux de savoir ce qu'ils entendraient. Que pouvait bien raconter ce coquillage sorti de la nuit des temps : un récit poétique, une légende de sirène, un manifeste écologique...?

Je ne compte plus les années que j'explore le thème du nautile comme artiste en arts visuels. J'ai visité l'un des plus grands aquariums privés d'Europe à La Rochelle pour voir des spécimens adultes bien vivants : un moment mémorable pour moi. Ce mollusque qui existe depuis quelque quatre cents millions d'années est l'idée même de la perfection. L'intérieur de sa coquille forme une spirale logarithmique parfaite que l'on peut dessiner à partir d'une série de rectangles d'or.

J'ai fait parvenir des invitations à différents poètes du Québec et de la francophonie. Je leur ai proposé d'écrire sur le Nautilus Pompilius, espèce menacée d'extinction. J'ai reçu dix-neuf textes inspirés de ce mollusque à la coquille ivoire et orange brûlé qui vit en Nouvelle-Calédonie et en Australie.

À partir de reproductions en céramique1, dont certaines peintes en bleu pour évoquer l'océan et ses défis écologiques, j'ai fait chanter le nautile à ma manière.

En plus d'un dialogue entre 19 auteur·rice·s et Denis Charland, Anne Pilorget nous fait découvrir le travail de Jessy Bilodeau, Gabriel Fortin et Pierre‐Olivier Tanguay dans la Chronique numérique.

Plage de prix : 5.49$ à 9.95$