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Chan Ky-Yut

aisir, fraîche éclose, la lumière en son essor et ses buées de couleurs. Tel est le geste que donnent à voir les aquarelles de Chan Ky-Yut. Une embellie d'un coup dégage l'accès au vaste, au spacieux. Où l'allure véloce trace en toute liberté ses sillages, fusées, vrilles ou tourbillons, et dépose une spumescente rosée. L'œil en liesse danse ou s'abandonne à l'apesanteur. L'antique et heureuse formule natura naturans affleure irrésistiblement à l'esprit du contemplateur. L'artiste, lui, a sans conteste tout le métier qu'il faut : à preuve, il sait oublier, gagnant l'aisance d'un jeu d'enfant. Plus qu'il ne saisit, il se confie sans hésiter au risque d'un dessaisissement. Il accueille. Et le geste de lui-même éclôt, fidèle à la manière de la phusis, qui est pur jaillir de soi. Comme la rose d'Angelus Silesius le monde est sans pourquoi, il naît et meurt à l'instant. Chan Ky-Yut nous en restitue la lumineuse évidence.

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