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(quelques écoulements de la table de travail)
Geneviève Thibault

Oeuvre hypermédiatique
Format 16:9
2024-2025

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À propos
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Mot du Sabord

Du 2 au 15 décembre 2024, l’artiste visuelle et autrice, Geneviève Thibault, a exploré les liens entre photographie et littérature durant sa résidence numérique. En découle un parcours poétique et contemplatif sur la baignade en eau libre. Il s’agit d’une première itération d’un cycle de recherche et de création plus élargi qui engage l’artiste dans des réflexions concernant entre autres les relations de pouvoir, de politique et d’écologie liées aux enjeux entourant les manières d’habiter l’eau et la baignade. La baignade contribue, pour l’artiste, à rééquilibrer les relations à la nature lorsqu’il s’agit d’explorer le processus de cohabitation.

Le parcours de l'œuvre est interactif et cumulatif : une phrase se lit et mène à la seconde, et à une troisième jusqu’à ce que le texte se dévoile en entier. Les mots sont parfois durs et crus, nous renvoyant à une réalité dégradée par nos actions, collectives et individuelles, réalisées dans le passé.

Notre contemplation et nos questionnements s’activent davantage à la suite de ces lectures où différentes photographies de plans d’eau apparaissent, le tout pouvant être accompagné d’ambiances sonores. En somme, un parcours interactif tantôt linéaire, tantôt rhizomatique s’ouvre aux usager.ères qui sont libres choisir leur direction et de naviguer d’une page à l’autre.

– K. B.

Biographie de l'artiste

Artiste, auteure, commissaire et enseignante en photographie, Geneviève Thibault s’intéresse aux manières d’habiter et de cohabiter. Ses préoccupations la poussent vers les études autochtones et l’ethnologie au baccalauréat multidisciplinaire, puis à la maîtrise en pratique des arts. Elle est native de Matane située en Gespe'gewa'gi (Gaspésie), territoire traditionnel mi’gmaq non-cédé, là où elle vit avec sa famille depuis 2013.

(quelques écoulements de la table de travail)
Il me faudra plus de temps pour éponger les dégâts.

Je vis à cet endroit où la rivière Matane se jette dans le fleuve Saint-Laurent. La baignade fait partie de mon quotidien et de ma manière d’habiter.

Dans mon paysage de création, cette résidence avec Le Sabord se situe en aval d’une autre résidence réalisée en France au printemps 2024. Dans un contexte où les crayons s’affairaient à sécuriser le parcours de la flamme et à nettoyer la Seine, le mien se frottait aux relations de pouvoir entre l’humain et la nature, notamment à travers différentes expériences de baignade en eau libre.

J’y ai rencontré plusieurs personnes, aussi bien les pieds dans l’eau qu’ancrée sur les rives.

J’en rapporte de nombreux matériaux – témoignages, photographies, vidéos, archives… 

La collecte se poursuit à mon retour. 

Le travail d’écriture poétique aussi. 

Plusieurs problèmes émergent. 

Le texte fuit dans différents lieux et temporalités. Il est parfois difficile d’en retrouver la source.

Pour la toute première fois, dans un même projet, j’accorde autant d’importance à la dimension photographique que littéraire. La mise en forme des matériaux ne me vient pas naturellement. Leur mélange m’attire au fond.

L’invitation du Sabord m’apparaît comme une main tendue pour me sortir de mes embûches. Une barque où je me permets d’explorer et de me tromper. 

Je veux faire l’étoile sur le débordement de mes eaux.

Accéder à l'oeuvre

Il est préférable de visionner l'œuvre sur ordinateur.