Photographie, vidéo et poésie
2026
Mot du Sabord
Lauréat du prix Louise Paillé 2025, Pierre-Olivier Déry est un artiste de la relève qui s’intéresse à la culture automobile dans ses dimensions sociale, géographique et personnelle. Dans le cadre de sa résidence au Sabord, qui s’est tenue du 5 au 19 décembre 2025, il explore la poésie de la route par une approche intermédiatique, alliant poésie, cartographie, photographie et modélisation 3D. Février Diesel se présente comme le journal de bord d’un road trip entre le lac Saint-Jean et Chicoutimi, où plusieurs pauses-relais sont offertes pour remplir les réservoirs et se délier les jambes. L’œuvre vous convie à bord : installez-vous confortablement dans le siège passager, et dans l’odeur d’essence et le tintement des cannettes écrasées qui jonchent le sol, laissez-vous porter sur le territoire de Pierre-Olivier Déry.
A.-M. D.
Pierre-Olivier Déry est originaire de Drummondville. Installé à Montréal depuis 2023, il travaille principalement autour de l’installation sculpturale et médiatique. Il est titulaire d’un baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’Université du Québec à Chicoutimi, où il a obtenu une bourse d’excellence, ainsi que d’un diplôme national d’art de l’École Supérieure d’Art de Tourcoing, en France. Il complète présentement une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. On retrouve certaines de ses œuvres dans les collections du Cégep de Drummondville et de l’UQAC. L’artiste est aussi titulaire du prix Louise Paillé ainsi que du prix Yvonne L. Bombardier. Son travail a été présenté au Québec, au Maroc et en France.
D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours aimé l’odeur du gaz.
Trois cent douze kilomètres autour du lac Saint-Jean : le projet Février Diesel est un journal de bord, qui rend compte d’une région par ses routes et ses truck stops. Un projet de littérature itinérante, vomi sur un canevas numérique dans les salles de bains des haltes routières. Se prendre pour un routier le temps d’un tour de lac. Saler ses pneus pour tirer le portrait aux paysages et boire les paroles édentées des derniers pompistes.
Pour cette résidence sur la plateforme numérique du Sabord, je vous invite à prendre la place du copilote et à naviguer sur mon itinéraire par grand froid. Une cartographie sensible à découvrir par points d’intérêt. À travers ce projet, j’ai cherché à personnifier les lieux de mon pèlerinage par des mots et des images. Vous pouvez naviguer librement le long de cette route sensible ou partir avec moi de Chicoutimi pour un tour antihoraire de ce grand réservoir artificiel. Le projet s’ancre dans une recherche plus large sur la poésie des moteurs et les conséquences du dispositif automobile sur les écosystèmes qu’il traverse et transforme. Février Diesel se veut une exploration spéculative des réalités fictives qui se construisent dans une région qui existe autour des routes. Plus largement, ma recherche explore les ruines en création de nos sociétés technologiques et la notion d’obsolescence des outils techniques comme des corps. Ici, ce fragment s’inspire de mon expérience personnelle de cette route, influencée par les rencontres, les discussions, les fréquences de radios locales et les paysages d’un coin magnifique et complexe de la Belle Province.