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Rencontres fortuites
Ines Guennaoui

Cinéma modulaire
2025-2026

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À propos
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Mot du Sabord

Le projet de cinéma modulaire de l’artiste Ines Guennaoui propose au public d’expérimenter des rencontres fortuites à travers une déambulation hypermédiatique. Dans le cadre de sa résidence au Sabord, qui s’est déroulée du 16 juin au 7 juillet 2025, la cinéaste a exploré les possibilités formelles et spectatorielles du cinéma de fiction, à partir de saynètes colligées dans une base de données. Elle réactualise d’anciennes méthodes de création, dont celles du « database cinema », en les revisitant avec les outils numériques d’aujourd’hui. Sensible au hasard, elle capture des fragments de la vie quotidienne qui constituent la matière à partir de laquelle le programme algorithmique crée des agencements narratifs.

Ines Guennaoui nous propose, dans Rencontres fortuites, une réflexion sur les enjeux propres aux formes d’art interactif, et sur l’usage des nouvelles technologies; « Que se passe-t-il dans chaque scène si elle peut être assemblée avec n’importe quelle autre ? » Quels facteurs considérer pour créer un univers et un fil narratifs cohérents ?

 

– A-M. D.

Biographie de l'artiste

Ines Guennaoui est une cinéaste résidant à Montréal. Son travail a été présenté notamment au Festival du nouveau cinéma, au festival Plein(s) Écran(s) et au Toronto Arab Film Festival, où elle a reçu le prix du meilleur film canadien pour son court-métrage L’enfant-tempête (2020). En 2024, elle a obtenu un DESS en arts, création et technologies de l’Université de Montréal afin de développer une nouvelle pratique hybride située entre le cinéma et les arts médiatiques.

Rencontres fortuites est ma première tentative d’explorer les potentialités du cinéma sur le Web. Le projet fini se veut une série de courtes saynètes inspirées de situations réelles, rejouées par celles et ceux qui les ont vécues. Ces fragments de vie composeront éventuellement une base de données qu’un programme réassemblera différemment à chaque visionnement, générant un film unique.

Il en résultera une forme cinématographique modulaire, sans début ni fin, qui se recompose selon les choix du spectateur ou de la spectatrice et le hasard de l’algorithme. Ma pratique de cinéaste est centrée sur la mise en scène de la vie quotidienne; ce projet interroge donc la manière dont cette structure propre au Web peut rapprocher le cinéma de cette réalité ordinaire que je cherche à capter. J’y entrevois une réponse dans la coïncidence du hasard – celui qui anime autant le déroulement imprévisible de nos vies que l’agencement aléatoire des plans. C’est cet écho subtil, entre les rencontres fortuites des personnages et la rencontre fortuite des fragments filmiques, qui donne sens à l’ensemble.

La résidence au Sabord m’a permis de retracer les réflexions derrière ce projet en devenir.

– I. G.